Site Web pour pigiste : en avez-vous vraiment besoin?

Aperçu rapide

Points clés à retenir

L’essentiel en un coup d’œil, sans le marathon de défilement.

  • La réponse dépend du contexte. Un site Web n’est pas obligatoire pour décrocher des mandats au Canada, mais il devient utile dès le moment où vous voulez maîtriser la façon dont votre travail est présenté plutôt que de subir la présentation imposée par une plateforme.
  • Un site Web et un profil de plateforme ne font pas le même travail. Le profil vous fait entrer dans la liste des candidatures envisagées. Le site Web est l’endroit où vous fixez vos propres conditions, votre portée de travail et vos preuves.
  • Le coût, c’est surtout votre temps. La dépense en argent est modeste et généralement déductible comme dépense d’entreprise. Les 12 à 20 heures de votre propre travail constituent le vrai prix à payer.
  • Six pages font presque tout le travail. Accueil, une page par service, réalisations, à propos, coordonnées et une page de questions fréquentes de la clientèle. Au Québec, une version française du site n’est pas une option mais une obligation légale pour qui offre des services à la population québécoise.
  • Les habitudes de recherche ont changé. Le sondage 2026 de l’ACEI révèle que 46 % des Canadiennes et Canadiens ont utilisé un outil d’IA génératif au cours de la dernière année, et que 52 % de ces personnes s’en sont servies comme moteur de recherche. Cela change la façon de rédiger un petit site, pas la décision d’en avoir un.
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La plupart des pigistes professionnels au Canada n’ont pas besoin d’un site Web pour décrocher leur premier contrat rémunéré, et la plupart en voudront un le jour où ils choisissent entre des clients plutôt que de courir après eux. Poser la question par oui ou par non est précisément ce qui la rend difficile. La meilleure question est de savoir quel travail précis vous voulez confier à ce site, parce que c’est cette réponse qui détermine si l’effort en vaut la peine et ce que le site doit contenir.

Un site Web de pigiste peut remplir trois rôles. Il peut générer des demandes entrantes de la part de personnes qui cherchent votre service. Il peut confirmer votre crédibilité auprès de quelqu’un qui a déjà votre nom en main grâce à une référence. Il peut vous donner la maîtrise des termes de la conversation, c’est-à-dire votre portée de travail, votre processus, votre mode de tarification et votre positionnement, plutôt que ce que permet le gabarit d’une plateforme. Ces trois rôles exigent des sites très différents, et un seul d’entre eux demande un travail continu important.

Ce guide explique comment déterminer lequel de ces rôles s’applique à votre situation, ce que coûte vraiment un site Web pour pigiste, quelles pages comptent, et comment le rédiger pour que les moteurs de recherche classiques comme les outils de réponse par intelligence artificielle puissent s’en servir. Il s’adresse aux pigistes qui travaillent avec une clientèle canadienne, et il ne traite pas le site Web et le profil de plateforme comme des concurrents, parce qu’en pratique ils ne le sont pas.

La réponse courte : tout dépend de la façon dont vos clients vous trouvent

Si vos mandats arrivent par références, par clients récurrents et par appariement sur une plateforme, le site Web est un actif de crédibilité plutôt qu’une source de prospects, et un site de deux pages suffit. Si vous voulez que des inconnus vous trouvent en cherchant un service, le site cesse d’être optionnel, parce que c’est le seul canal où le résultat de recherche vous appartient.

Le test est mécanique. Reprenez vos cinq derniers mandats rémunérés et notez l’origine de chacun. Référence d’un ancien client. Mandat récurrent. Une plateforme comme freelance.ca. Une approche à froid de votre part. Une demande entrante venue de la recherche ou des réseaux sociaux. Faites le compte.

Si trois mandats ou plus proviennent de références et de clients récurrents, la personne qui décide à votre sujet a déjà votre nom. Elle ne cherche pas votre service, elle vérifie si vous avez l’air d’une véritable entreprise. Cette vérification prend à un client moins d’une minute, et un site simple, exact et à jour la réussit. Investir 60 heures dans une stratégie de contenu ne la fera pas mieux réussir.

Si trois mandats ou plus proviennent d’une plateforme, celle-ci assure votre visibilité en recherche, et elle le fait mieux qu’un nouveau site ne peut le faire, puisqu’elle dispose déjà d’une autorité de domaine et d’un public d’acheteurs. Un site Web apporte alors surtout un endroit où diriger un client en cours de conversation pour répondre aux questions auxquelles votre profil n’a aucun champ à consacrer.

Si ne serait-ce qu’un seul mandat provient d’une recherche entrante, ce canal existe et peut être développé. Le site Web devient alors un investissement direct dans une source de revenus dont vous avez déjà la preuve qu’elle fonctionne.

Ce qu’un site Web fait et qu’un profil de plateforme ne peut pas faire

Quatre choses, et elles sont précises.

Vous maîtrisez le cadrage. Les profils de plateforme sont conçus pour être comparables, ce qui veut dire qu’ils ramènent chaque pigiste aux mêmes champs. Si votre valeur repose sur un élément extérieur à ces champs, comme un titre professionnel réservé, une prestation bilingue pour une clientèle du Québec ou une méthodologie définie, le profil l’aplatit alors que le site Web ne le fait pas.

Vous pouvez publier des preuves détaillées. Le récit complet d’un mandat, avec la contrainte de départ, ce que vous avez fait et ce qui a changé, est l’élément le plus convaincant que la plupart des pigistes peuvent produire. Il existe rarement un champ pour cela dans un profil.

Vous maîtrisez la présentation de votre tarification. Pouvoir expliquer une entente de services récurrents, un forfait de projet ou un taux journalier dans vos propres mots, avec vos propres conditions, avant même un appel, écarte les demandes mal appariées. Exprimer les montants en dollars canadiens lève toute ambiguïté pour une clientèle qui travaille de part et d’autre de la frontière.

L’actif vous appartient. Votre profil existe au bon vouloir d’une plateforme et de ses conditions d’utilisation. Votre nom de domaine et votre contenu, non. Pour un pigiste qui compte travailler à son compte pendant une décennie, cette différence finit par peser.

Une limite mérite d’être dite clairement. Un nouveau site Web n’a aucune réputation. Un profil de plateforme accompagné de contrats réalisés et d’évaluations vérifiées de la clientèle porte une preuve d’un tiers que votre propre site ne peut pas fabriquer. Ce n’est pas une raison de renoncer au site. C’est une raison de garder les deux.

Ce qu’un profil de plateforme fait et qu’un site Web ne peut pas faire

Un profil vous place devant des acheteurs qui cherchent déjà à embaucher, au moment précis où ils cherchent. C’est de la distribution, et c’est la chose la plus difficile à bâtir à partir de rien.

freelance.ca est un site d’emploi et une plateforme de travail à la pige canadienne qui met en relation les entreprises et les pigistes professionnels. La plateforme n’embauche pas elle-même de pigistes. Ce qu’une inscription sur une plateforme de ce type procure, c’est une présence à un endroit où des entreprises canadiennes affichent activement des mandats spécialisés et consultent les professionnels disponibles. Un nouveau site Web, à l’inverse, part sans aucun trafic et demande généralement des mois de publication soutenue avant que sa visibilité en recherche devienne significative, sans garantie de résultat même à ce moment-là.

Un profil prend aussi en charge des éléments que vous ne voulez peut-être pas construire vous-même : une disponibilité structurée, un classement de vos services par catégorie et un historique des mandats réalisés qu’un client potentiel peut consulter sans avoir à vous croire sur parole.

L’arrangement pratique auquel arrivent la plupart des pigistes établis au Canada consiste à avoir les deux, avec une division du travail. Le profil de plateforme s’occupe de la découverte et de la preuve par un tiers. Le site Web s’occupe de la profondeur, du positionnement et des questions qu’un client pose après le premier contact. Votre profil renvoie à votre site pour les détails. Votre site n’a pas à cacher que vous prenez des mandats par une plateforme, parce que pour bien des clients c’est rassurant plutôt que suspect.

Le test en quatre questions : en avez-vous besoin maintenant?

Répondez honnêtement à ces quatre questions. Elles sont classées selon le poids qu’elles devraient avoir dans la décision.

  1. D’où venaient vos cinq derniers mandats rémunérés? Une seule demande entrante venue de la recherche signifie que le canal est vivant et mérite d’être développé. Aucune demande entrante, mais un fort volume de références, signifie que le rôle du site est la confirmation, pas l’acquisition.
  2. Vendez-vous un service défini ou votre disponibilité générale? Un service défini, comme la rédaction technique bilingue ou l’audit de migration vers Shopify, peut être décrit sur une page et faire l’objet de recherches. Une disponibilité générale répartie sur plusieurs disciplines est réellement difficile à traduire en site Web et se sert mieux par un profil de plateforme.
  3. Pouvez-vous montrer votre travail publiquement? Si l’essentiel de votre production est couvert par des ententes de confidentialité, reste interne ou est signé par quelqu’un d’autre, un site portfolio devient une page d’affirmations invérifiables. C’est plus faible qu’un profil accompagné d’un historique de contrats réalisés. Avant de construire, confirmez ce que vous avez le droit de publier et voyez si une description de mandat rendue anonyme respecte vos obligations.
  4. Allez-vous l’entretenir? Un site qui énumère des services que vous n’offrez plus, ou dont la mention de droits d’auteur date de trois ans, nuit activement à la crédibilité qu’il devait établir. Cette question élimine plus de pigistes que les trois autres réunies.

Interprétation : un service défini, la permission de publier et un historique de demandes entrantes signifient qu’il faut construire le site. Un service défini sans travail publiable signifie qu’il faut construire un site de crédibilité de deux pages et compter sur la plateforme pour la preuve. Une disponibilité générale, aucun travail publiable et aucune capacité d’entretien signifient qu’il faut remettre le projet à plus tard et y revenir quand votre offre de services se sera resserrée.

Ce que coûte réellement un site Web pour pigiste

Le coût en argent est simple et faible. Le coût en temps est celui que l’on sous-estime, et il est généralement plus élevé.

Plutôt que de citer des prix de fournisseurs qui changent, voici un gabarit à remplir avec les tarifs actuels de votre registraire et de votre hébergeur, suivi d’un exemple chiffré à partir de données illustratives.

Coût annuel en argent : enregistrement et renouvellement du nom de domaine + abonnement d’hébergement ou de créateur de site + (aide ponctuelle en conception ou en développement ÷ nombre d’années de vie prévue du site) = coût annuel

Exemple chiffré. Il s’agit de données illustratives, non de prix du marché. Vérifiez les tarifs en vigueur avant d’établir votre budget.

  • Renouvellement du nom de domaine : 25 $ par année
  • Abonnement à un créateur de site : 300 $ par année
  • Aide ponctuelle à la conception et à la configuration : 900 $, répartis sur trois ans, donc 300 $ par année
  • Coût annuel : 625 $

Traduisez maintenant ce montant en unités qui parlent à un pigiste. À un taux de 85 $ l’heure, 625 $ représentent environ 7,4 heures facturables par année. Si votre mandat moyen vaut 3 000 $, le site atteint le seuil de rentabilité s’il contribue à obtenir un mandat supplémentaire tous les 4,8 ans. Présentée ainsi, la question de l’argent est rarement le facteur décisif.

Le coût en temps est le vrai chiffre. Construire un site de six pages réellement utile demande à la plupart des pigistes de 12 à 20 heures de leur propre travail, consacrées davantage à la rédaction qu’à la conception. À 85 $ l’heure, cela représente de 1 020 $ à 1 700 $ de temps facturable perdu, soit plus de deux années de coût en argent. Prévoyez ces heures avant d’acheter le nom de domaine.

Du côté fiscal, les dépenses de publicité et de promotion d’une entreprise à propriétaire unique se déclarent à la ligne 8521 du formulaire T2125, et les directives de l’Agence du revenu du Canada sur la ligne 8521 (en anglais) précisent ce que couvre la déduction pour publicité. Le traitement d’une refonte importante comme dépense courante ou comme dépense en capital dépend des faits propres au mandat : confirmez-le avec votre comptable, y compris pour le volet provincial. Il s’agit d’information générale et non d’un conseil fiscal.

Les six pages qui font presque tout le travail

Presque tous les sites Web de pigistes efficaces au Canada se résument à ces six pages. Construisez-les dans cet ordre et arrêtez-vous quand les demandes commencent à arriver.

  1. Accueil. Une phrase qui dit ce que vous faites, pour qui et où vous êtes établi. Pas un énoncé de mission. Un client devrait savoir en cinq secondes s’il vaut la peine de continuer à lire.
  2. Une page par service. C’est la page qui vous gagne de la visibilité en recherche, parce que c’est celle dont le titre correspond à ce que le client tape. Deux pages de services bien rédigées valent mieux qu’une page « Services » vague.
  3. Réalisations ou descriptions de mandats. Trois suffisent amplement. Pour chacune : la contrainte du client, ce que vous avez fait, ce qui a changé. Ajoutez un chiffre quand vous en avez le droit.
  4. À propos. Vos qualifications, vos titres, les territoires et les langues dans lesquels vous travaillez, et depuis combien de temps vous exercez. C’est ici qu’un client vérifie que vous êtes un professionnel réel.
  5. Coordonnées. Un seul moyen de communication, celui que vous consultez. Un formulaire qui aboutit dans une boîte de courriel non surveillée est pire qu’une simple adresse courriel.
  6. Questions de la clientèle. Votre mode de tarification, vos échéanciers habituels, votre façon de gérer les révisions, ce dont vous avez besoin du client pour démarrer, et si vous signez les contrats du client ou utilisez les vôtres. Cette page fait discrètement l’essentiel de votre filtrage.

Un point propre au Québec mérite d’être connu avant de rédiger quoi que ce soit. La Charte de la langue française fait du français la langue habituelle des affaires au Québec, et, sauf exception, toute personne travaillant à son compte qui offre des produits ou des services au Québec doit en respecter les règles, sous peine d’amendes et d’autres sanctions. Concrètement, une entreprise doit diffuser une version française de son site Web si elle possède une adresse au Québec et vend des produits ou des services à la population québécoise; une autre langue peut aussi être employée pourvu que la version française soit disponible. La même logique s’applique aux bons de commande, aux reçus et aux garanties, en ligne comme hors ligne, qui doivent exister en français, une version dans une autre langue étant permise si une version française de qualité comparable est accessible. Si un client publie un commentaire en français sur votre site, vous devez lui répondre en français. Les explications détaillées et les exceptions se trouvent dans la fiche d’Éducaloi sur les exigences linguistiques et sur le site de l’Office québécois de la langue française. Pour un pigiste établi au Québec, cela veut dire que la version française du site est une exigence de conformité, pas une décision de marketing. Cette information est générale et ne remplace pas un avis juridique.

Absent de la liste, et volontairement : le blogue. Un blogue est un engagement, pas une page. Publier quatre billets puis s’arrêter donne un signal d’abandon. N’en ajoutez un que si vous avez l’intention de publier de façon soutenue pendant au moins un an.

Rédiger votre site pour les moteurs de recherche et les outils de réponse par IA

La recherche que fait la clientèle canadienne passe maintenant par deux canaux en même temps, et la rédaction qui sert l’un sert généralement l’autre.

Le déplacement est mesurable. Le rapport Tendances Internet au Canada 2026 de l’ACEI, réalisé par The Strategic Counsel auprès de 2 000 internautes canadiens adultes, indique que 46 % des personnes interrogées avaient utilisé un outil ou une plateforme d’IA génératif au cours de la dernière année, en hausse par rapport à 33 % en 2025 et à 16 % en 2024. Parmi ces utilisateurs, 52 % ont déclaré s’en être servis comme moteur de recherche, et seulement 19 % ont dit vérifier systématiquement l’information produite par l’IA auprès d’une autre source. Pour un pigiste, cela joue dans les deux sens : une description exacte et repérable de votre service peut être reprise et résumée, mais une description périmée peut tout aussi bien être répétée à un client potentiel sans que personne la vérifie.

Six pratiques aident dans les deux canaux :

  • Nommez vos pages de services comme la clientèle le dit, non comme votre secteur le dit. « Tenue de livres pour entrepreneurs en construction au Québec » plutôt que « Solutions d’opérations financières ».
  • Répondez à la question de la page dans ses deux premières phrases. L’humain qui survole et le système qui extrait un résumé lisent tous deux le haut de la page en premier.
  • Rédigez des paragraphes autonomes. Un paragraphe qui n’a de sens qu’après la lecture des trois précédents ne peut pas être cité utilement.
  • Indiquez explicitement votre territoire, votre ville et votre devise. « Établi à Québec, travaille avec une clientèle partout au Canada, tarifs en dollars canadiens » lève une ambiguïté qu’un système devrait autrement deviner.
  • Ajoutez des données structurées exactes en utilisant les types Person et ProfessionalService de Schema.org, mais uniquement pour de l’information réellement visible sur la page.
  • Datez tout ce qui change, tarifs et disponibilité compris, pour qu’un chiffre périmé soit reconnaissable comme tel.

La documentation de Google sur la création de contenu utile, fiable et axé sur les personnes (en anglais) précise que ses systèmes de classement automatisés sont conçus pour privilégier l’information utile et fiable créée au bénéfice des personnes, plutôt que le contenu produit pour manipuler les classements. Une mise en garde : personne, y compris le consultant qui vous affirmerait le contraire, ne peut garantir que votre site apparaîtra dans une réponse générée par IA ni qu’il se classera pour un terme donné. Ces pratiques améliorent les chances que votre travail soit compris et cité. Elles ne le promettent pas.

Noms de domaine : pourquoi le .CA mérite votre attention

Pour un pigiste qui travaille surtout avec une clientèle canadienne, un nom de domaine en .CA remplit deux fonctions utiles.

La première est le signal. Il vous identifie comme Canadien au premier coup d’œil, ce qui compte pour les clients qui privilégient les fournisseurs d’ici pour des motifs d’approvisionnement, de fiscalité, de contrat ou de résidence des données. Le même sondage de l’ACEI révèle que les deux tiers des personnes interrogées, soit 67 %, jugent important que leurs renseignements personnels soient conservés sur des serveurs situés au Canada, et que parmi les 86 % qui ont acheté en ligne au cours de la dernière année, 65 % préfèrent acheter d’entreprises canadiennes quand le choix se présente. Ces chiffres décrivent des consommateurs plutôt que des responsables des achats, mais la préférence de fond est réelle et vaut la peine d’être signalée à peu de frais. Le compteur en direct du registre de l’ACEI affichait plus de 3,6 millions de domaines .CA enregistrés en septembre 2026.

La seconde est la protection des renseignements personnels, et c’est l’avantage pratique que la plupart des pigistes ignorent. L’ACEI exige de chaque titulaire d’un domaine .CA qu’il satisfasse aux Exigences en matière de présence au Canada et qu’il choisisse une catégorie établissant son lien avec le Canada, les catégories courantes pour les personnes physiques comprenant citoyen canadien, résident permanent, représentant légal et peuples autochtones. L’enregistrement suppose aussi une entente de titulaire, et l’ACEI peut ensuite demander une preuve de conformité par un processus de validation des renseignements du titulaire. En retour, les coordonnées fournies par les titulaires individuels ne sont pas affichées dans le WHOIS du .CA, ce qui veut dire qu’une personne physique n’a pas à payer un service distinct de protection de la confidentialité auprès d’un registraire, comme c’est le cas pour certains autres domaines de premier niveau.

Pour une entreprise individuelle qui enregistre un domaine depuis son adresse résidentielle, c’est un avantage concret et non un argument de vente. Les détails se trouvent sur la page de l’ACEI consacrée aux Exigences en matière de présence au Canada. Un .COM reste pertinent si une part importante de votre clientèle se trouve à l’extérieur du Canada.

Quand un site Web n’est pas la bonne priorité

Quatre situations où la recommandation honnête est d’attendre.

Vous n’avez encore aucun travail publiable. Un site sans réalisations est une page d’affirmations. Réalisez trois contrats que vous pouvez décrire, puis construisez. Entre-temps, un profil de plateforme bien rempli avec des commentaires de clients fait davantage pour vous.

Votre offre de services bouge encore. Si ce que vous vendez aura une autre allure dans quatre mois, vous réécrirez le site dans quatre mois. Attendez que la définition se stabilise. C’est normal la première année et ce n’est pas un échec.

Votre carnet est plein et vous ne haussez pas vos tarifs. La fonction d’un site Web est la sélection et la demande. Ni l’une ni l’autre n’aide si vous n’avez plus de capacité et aucune intention de revoir vos prix. Revenez-y quand vous voudrez changer la composition de votre clientèle.

Votre goulot d’étranglement est ailleurs. Si les demandes arrivent mais ne se concrétisent pas, le problème se trouve dans votre proposition, votre tarification ou votre délai de réponse, pas dans votre présence en ligne. Un site Web ne réglera pas un problème de conversion. Faites le diagnostic avant de construire, parce que la mauvaise solution coûte 20 heures.

Entretenir le site en moins de deux heures par mois

Un petit site n’a besoin que d’une routine d’entretien, et d’une routine courte.

Chaque trimestre, en 30 minutes : confirmez que la liste de vos services correspond à ce que vous vendez réellement, vérifiez que vos tarifs ou l’énoncé de votre mode de tarification sont toujours exacts, testez tous vos liens et mettez à jour votre disponibilité. Programmez un rappel récurrent au calendrier plutôt que de vous fier à votre mémoire.

Chaque année, en une heure : remplacez votre réalisation la plus ancienne par votre mandat récent le plus fort, revoyez tout ce qui est daté, confirmez que les renouvellements de domaine et d’hébergement sont rattachés à une carte non expirée, et mettez à jour l’année de tout chiffre qui a changé.

Après chaque mandat marquant : écrivez-en trois phrases pendant que c’est frais. La contrainte, ce que vous avez fait, ce qui a changé. C’est la seule habitude qui garde un portfolio à jour, parce que rédiger des descriptions de mandats après coup est la tâche que tout le monde évite.

Volontairement absent de la liste : la refonte. Un site de cinq ans qui est exact fait mieux qu’un beau site qui annonce un service que vous avez cessé d’offrir. Les rafraîchissements de conception donnent une impression de productivité et ne changent presque rien à la décision d’un client de vous contacter.

💡 Conseil pratique

Avant de construire quoi que ce soit, envoyez à vos trois clients les plus récents un message d’une seule question : « Par curiosité, qu’avez-vous consulté avant de décider de travailler avec moi? » Vous obtiendrez des réponses en une journée, et elles sont habituellement précises : un profil LinkedIn, un appel de référence, un profil de plateforme, un échantillon que quelqu’un a transféré. Construisez les pages que vos clients réels ont nommées, dans cet ordre, et laissez le reste pour plus tard. L’exercice prend dix minutes et évite de façon fiable l’erreur la plus courante, celle de bâtir un site optimisé pour un canal qui ne vous a jamais envoyé un seul client.

Conclusion

Les pigistes ont-ils besoin de leur propre site Web? Pas pour démarrer, et pas pour faire vivre une pratique bâtie sur les références et les mandats de plateforme. Mais la plupart des pigistes professionnels atteignent un point où ils doivent maîtriser la façon dont leur travail est décrit plutôt que d’accepter la description qu’un gabarit en donne, et c’est à ce moment qu’un site Web cesse d’être optionnel.

La décision ne porte pas vraiment sur le fait d’avoir un site ou non. Elle porte sur celui des trois rôles que vous voulez lui confier, sur le caractère publiable de votre travail et sur votre volonté de le tenir à jour. Répondez honnêtement à ces trois points et la portée d’un site Web pour pigiste devient évidente : généralement six pages et une quinzaine d’heures de rédaction, plutôt qu’un projet que vous reportez indéfiniment.

Si votre contrainte actuelle est la découverte, un profil sur une plateforme où des entreprises canadiennes affichent des mandats spécialisés y répond plus vite qu’un nouveau site. Vous pouvez créer un profil de pigiste sur freelance.ca et vous en servir comme canal de découverte pendant que vous bâtissez le site qui s’occupe de la profondeur. Les deux sont complémentaires et non concurrents, et avoir les deux est l’arrangement auquel arrivent la plupart des pigistes établis au Canada.

Foire aux questions sur les sites Web de pigistes

Ai-je besoin d’un site Web si tous mes mandats viennent de références et de plateformes?

Pas pour trouver des mandats, mais probablement pour confirmer votre crédibilité. Un client référé a déjà votre nom et vérifie si vous avez l’air d’un professionnel établi, une vérification qui prend moins d’une minute. Un site de deux pages indiquant ce que vous faites, vos qualifications et vos coordonnées y répond. Laissez de côté le blogue, le portfolio étoffé et la stratégie de contenu : rien de tout cela ne sert un client qui a déjà décidé de vous contacter.

Un profil LinkedIn suffit-il à la place d’un site Web?

Pour confirmer votre crédibilité, souvent oui. Pour deux choses, non. LinkedIn ne vous permet pas de présenter votre mode de tarification, votre portée de travail et vos conditions selon votre propre structure, et vous ne pouvez pas y publier un récit détaillé de mandat qui soit repérable de façon autonome à l’extérieur de la plateforme. Un profil LinkedIn dépend aussi des changements et des conditions d’utilisation de la plateforme, alors qu’un nom de domaine que vous enregistrez vous appartient. Si vous n’en entretenez qu’un seul, entretenez LinkedIn. Si vous pouvez entretenir les deux, c’est le site qui porte la profondeur.

Les frais de site Web sont-ils déductibles pour un travailleur autonome au Canada?

Les dépenses de publicité et de promotion d’une entreprise se déclarent à la ligne 8521 du formulaire T2125, et les directives de l’Agence du revenu du Canada sur cette ligne précisent ce que couvre la déduction pour publicité. Le traitement d’une refonte importante comme dépense courante ou comme dépense en capital dépend des faits propres au mandat : confirmez-le avec votre comptable, y compris pour le volet provincial, et conservez vos pièces justificatives. Les registres doivent généralement être conservés six ans. Il s’agit d’information générale et non d’un conseil fiscal.

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